Guinée : Kindia, cette ville cosmopolite et hospitalière

Plongeons-nous au cœur d’une ville guinéenne peuplée de diverses ethnies, remplie d’hospitalité, d’hommes affables et accueillants. Kindia se trouve être réputé comme étant « la cité des agrumes » où l’agrumiculture prospère. 

Une de mes passions hormis les TICs, c’est le voyage. Petite précision : Dans ce récit, je n’étais pas en voyage à Kindia, plutôt en mission. La différence ? L’humoriste ivoirien Gohou explique mieux dans ses 13 commandements : «  Un méga-businessman international n’est jamais en voyage, il est toujours en mission ». Enfin !

Je débutais ce voyage un samedi, jour de weekend. Me réveillant à 5 heures du matin, le soleil présageait son illumination. Peu à peu la capitale Conakry se dégageait de son lit. Après le tralala, sac au dos, je rejoignis mes collègues pour affronter le tronçon Conakry-Kindia. En dépit de cette heure matinale, Conakry n’était pas encore sortit de son immobilisme causé par les embouteillages. A Lansanaya, l’effet se faisait encore ressentir. Des camions en provenance de l’intérieur du pays qui débarquèrent des marchandises, des pauvres femmes à la charge de leur famille occupèrent les abords de la route à la quête du quotidien. Nous avancions lentement.

Des travaux sur la route

Des bulldozers ! Les travaux de bitumage se poursuivent dans la préfecture de Coyah. A la sortie de la préfecture, le pont Kaka suspend encore ses cordes où nos compatriotes essuyaient la colère du père de l’indépendance. Ma remarque fut succincte quant à l’inauguration du nouveau pont reliant les deux côtés de la route. Des checkpoints se succèdent.

A côté de ma vitre, un policier empoigne un billet à un camionneur sans contrôler le contenu de sa cargaison : encore un problème de notre sécurité routière. Munis des documents légaux du véhicule, nous franchissions sans problème les barrages érigés. Mais à mon avis, le « Laissez-passer » accroché dans notre voiture a joué grand.

Nous continuions sur une route exiguë aux virages en épingles. L’état piteux de la route inquiétait, car des graves accidents surgissent à la moindre déroute. Dix personnes ont péri dans un accident à Yorokoguia, une localité de la préfecture Dubreka, mi-mai.

Tronçon Kindia-Conakry, des montagnes. Crédit photo : Mamadou Mouslim Diallo

Vue des montagnes sur Conakry-Kindia – crédit photo : Mouslim Diallo

À l’arrière de notre petite Nissan Almera, mes yeux parcouraient ce beau paysage altéré par l’aridité. Ce couvert végétal immense qui n’est que potentialité inexploitée. Des rangées de montagnes, des arbustes de toutes sortes, de gisements bauxitiques énormes comme pour confirmer que la Guinée est un scandale géologique, énormément riche en sol et sous-sol. La flore aux abords de la route attend impatiemment la saison pluvieuse pour renaître.

De petites habitations hissées à faible altitude sur les montagnes faisant paraître des toitures colorées. Tout semblait vide aux alentours. Je me demandais si beaucoup de personnes y habitaient. C’est ainsi qu’un « Oui » de mon ami d’à côté qui y a vécu ses années de lycée me rassura. De l’autre côté, de petites cases sont supplantées par des palmiers en passant par Koligbé.

Une réserve animale

A Kondéyah, un site animalier est aménagé par Elhadj Mamadou Sylla connu sous le nom de « Sylla Patronat», regorgeant plusieurs espèces animales rares. C’est une merveille pour les touristes. On y trouve plusieurs quartiers résidentiels. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de la résidence du renommé comédien guinéen Moussa Koffoe. Une rangée de bananeraie ne tarda pas à faire son apparition. A quelques mètres, le Centre Universitaire de Kindia (CUK) nous accueille avec sa plaque. La pitié me frappe quand je vois des taudis médiocres hébergeant nos  étudiants boursiers. Des logements classés en fonction du moyen de l’étudiant. De petites cases moins chères pour les étudiants démunis, et les grandes concessions coûtant plus chères pour les étudiants favorisés !

Kindia est une des grandes villes de la Basse-Guinée, capitale de la région administrative portant le même nom, située (normalement) à 2 heures de route de Conakry. Mais de nos jours pour parcourir les 135 kilomètres qui séparent les deux villes, il faut près de 4 heures sur une piste défoncée servant de « route nationale ». Au pied de ce don naturel qui est le mont Gangan (1117 m), se trouve Kindia, « la Cité des agrumes« . À l’entrée de la ville, on croise une enfilade des bananeraies, de manguiers occupant une place importante. Destinées à l’exportation, des tonnes de bananes étaient produites dans la localité.

Un village d’agriculteurs, d’éleveurs et de commerçants

Peuplée majoritairement d’agriculteurs, d’éleveurs et de commerçants, l’histoire nous apprend que la ville a été habitée pour la première fois par les Camara de l’ethnie soussou, avant que les Malinkés et les Peuls ne s’installent à leur tour. Ainsi, plusieurs ethnies s’y sont retrouvées grâce à l’hospitalité de ses premiers habitants.

Assieds du côté droit de la voiture, je reconnaissais peu à peu les endroits. Je découvrais la même animation qu’auparavant. Pour une trentaine de quartiers les routes bitumées étaient serpentées. Des marchés inondés par les femmes et les taxi-motos à la recherche du moindre passager à transporter « à vil prix ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que rien n’a changé. Ses habitants dans mes souvenances manifestaient de la bienveillance envers les étrangers. En fait, j’étais à ma deuxième visite de la ville. Et comme lors de la première, nous avons eu la chance de loger confortablement. Symbolique, tout cela en fin de compte revenait à l’honneur de ses habitants. Ce sourire d’accueil avec lequel on te reçoit fait toute la différence avec la capitale où tout le monde est à cran causée par la dureté de la vie. Ici, l’hospitalité que te réservent ses habitants est tout simplement inimaginable. On aurait dit que leur charité n’avait pas d’égale en dépit du souci du quotidien. Ils ont la paix du cœur. C’est cela aussi la Guinée, le « pays des rivières« .

Des lieux touristiques

En plein cœur de la ville, les quartiers sont jonchés de lieux touristiques et de détentes. Des potentialités touristiques inexploitées. Des hôtels, des restaurants, des stations d’essences, des écoles et des maisons en chantiers s’affluent.

Point de chute, Damakanya, une sous-préfecture située sur la route de Mamou. Le difficile tronçon Conakry-Kindia commençait à me fatiguer et j’avais le ventre creux. « Alhamdoulillah (Dieu merci), nous sommes bien arrivés !« , me disais-je.

Reçu avec empressement et exultation par un quinquagénaire, j’avais comme l’impression de revivre ma première visite. Cet homme agréable portait une chemisette blanche, chapeau de vieux à la tête. Comme une grande retrouvaille, il nous avança ses vives salutations avant de nous orienter vers notre demeure. Mes compagnons, déjà à leur deuxième passage dans la concession, se dépêchèrent dans la grande pièce. Dans mon fort intérieur, j’étais satisfait. « Tous les habitants de Kindia avaient-ils ce même comportement ?« , me demandais-je.

Une journée de travail

Sans répit, une grande journée nous attendait. Confiants et fiers de notre projet business social, nous avancions derrière notre coach costumé en bleu, à l’allure rassurée.

Il était 9h. Sans oublier naturellement le petit-déjeuner du matin, sans quoi mener une telle activité serait compliquée. On se dirigea vers le restaurant Sarékaly situé sur la transversale de Mamou. Pendant ce temps, nous étions attendus. « Ici visiblement, l’heure est plutôt respectée contrairement à la capitale« , remarqua notre coach Djibril.

La journée a été d’une grande exténuation. Le soir, je m’allongeais sur un matelas souple après un autre repas succulent. Dans la douceur matinale, je me réveillais comme un bébé de mon sommeil le lendemain. A ce moment, une voix mielleuse faisait écho du haut des minarets à l’est de la ville. La  fraîcheur matinale me vivifiait. Magnétisé par cet appel à la prière, j’y prêtais attention avant d’accomplir mes obligations religieuses.

Sous cette nature magnifique, les activités reprenaient peu à peu. L’ouverture des restaurants s’accompagnant du vrombissement des engins roulants. 8 heures du matin nous trouvèrent au même restaurant où je détectais une propriété impeccable avant d’être servi. Autour de la table à six chaises, les clients d’à côté dégustaient sans se préoccuper de nous. C’est avec stupéfaction que j’apprends la gratuité de ses mets pendant le mois de Ramadan. Le propriétaire, d’une charité enviable, sert tout le monde pendant la rupture. La cordialité est de mise à part quelques tracas entre chauffeurs naturellement. Salutation mutuelle, attention particulière.

A 12 heures, nous reprenions la route tout déchirant le vent pour rentrer à Conakry. Éreinté mais tout joyeux, je compte revenir encore dans cette ville.

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mousbayoro
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